Sofia Djama: « Mon film passera en France mais je n’ai pas encore reçu d’offre pour l’Algérie »

14 Sep , 2017 à 11:59  

Le long métrage de fiction « Les Bienheureux » de la réalisatrice algérienne Sofia Djama a reçu le « Prix de la meilleure actrice » au 74e Festival international du film de Venise qui a pris fin dimanche. La jeune Lyna Khoudri a été distinguée pour son rôle dans cette coproduction algéro-belge sortie en 2017.

Dans ce long-métrage, on retrouve l’histoire des « Bienheureux » qui vivent à Alger en 2008. Les bienheureux, titre qui tend vers l’ironie, sont ces Algériens désillusionnés dont le bonheur semble inatteignable dans une société devenue « schizophrène », précise la réalisatrice interrogée par le HuffPost Algérie.

Dans ce film, deux générations s’opposent : celle qui a vécu la décennie noire et celle qui a vingt ans en 2008. Un conflit de générations, des relations intergénérationnelles de familles qui se frôlent sans réussir à se toucher. Entre espoir et visions idéologiques brisées, ces morceaux de vie montrent le quotidien de personnes qui ne demandent qu’à s’épanouir dans leur propre pays.

Des scènes filmées dans des appartements modestes de la capitale aux plans luxueux de l’hôtel El-Aurassi, on découvre une Algérie contrastée et diverse. La capitale possède une place primordiale : « de lieu de tournage, elle prendre la place de personnage à part entière », précise Sofia Djama.

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Le film devrait être diffusé en France avant la fin de l’année 2018, mais n’a pas encore reçu d’offre de distributeur en Algérie. Un manque d’intérêt que déplore la jeune réalisatrice :

« On espère que recevoir un prix international permettra aux autorités compétentes de réaliser que nos productions ne sont pas forcément « contre eux » mais qu’au contraire, on veut aider notre pays à avancer. »

Sofia Djama espère également voir le rapport à la culture cinématographique changer et que l’on puisse l’inculquer aux nouvelles générations et ce, dès l’entrée à l’école primaire.

« Ouvrir plus de salles de projection, organiser des sorties scolaires au cinéma permettrait à ce domaine de se développer et donner un nouveau souffle à notre pays. »

Et la réalisatrice et scénariste n’en est pas à sa première production cinématographique puisqu’en 2012, elle avait déjà réalisé deux courts-métrages : « Les 100 pas de Monsieur X » et « Mollement, un samedi matin ».

Cependant, c’est la première fois que Sofia Djama reçoit un prix d’une telle envergure. Très bien accueillie par le public italien, la réalisatrice est aujourd’hui fière de la standing ovation offerte par le public à la fin du film.

« Obtenir ce genre de prix nous donne un élan d’énergie pour la suite », précise Sofia Djama. Elle précise qu’elle travaille déjà sur un projet de long-métrage.

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