Selon la GSMA les consommateurs dans les pays en développement sont excessivement touchés par les prix élevés des fréquences

31 Juil , 2018 à 12:00  

Le récent Indice de Connectivité Mobile de la GSMA Souligne que 4 Milliards de Personnes Sont Encore hors Ligne.
Les Décisions de Politique Relatives aux Fréquences Demeurent un Obstacle Principal à l’insertion Numérique.

Selon un nouveau rapport intitulé « La tarification du spectre dans les pays en voie de développement », publié aujourd’hui par la GSMA lors de la conférence Mobile 360 – Africa à Kigali, il est impératif d’instaurer de meilleures politiques de tarification du spectre de fréquences dans les pays en voie de développement afin d’améliorer le bien-être économique et social des milliards de personnes qui ne sont toujours pas connectées aux services mobiles à haut débit. L’étude révèle que les tarifs des fréquences dans les pays en voie de développement sont en moyenne trois fois plus élevés que dans les pays développés, si l’on prend en compte le revenu des particuliers. La tarification élevée des fréquences constitue un obstacle majeur à la pénétration du mobile.

Rédigée par la GSMA Intelligence, l’étude montre également que les gouvernements jouent un rôle actif dans l’augmentation des tarifs des fréquences parce qu’ils cherchent à maximiser les revenus publics provenant de l’octroi de licences d’utilisation du spectre. Il apparait que les tarifs des fréquences sont plus élevés dans les pays dont la dette publique est élevée et que les prix de réserve moyens lors de la mise aux enchères des fréquences sont cinq fois plus élevés que dans les pays développés, si on prend compte le revenu des consommateurs. Le rapport indique également qu’il existe un lien entre les tarifs élevés des fréquences et la mauvaise couverture, ainsi qu’entre les services mobiles à haut débit plus chers et la mauvaise qualité. Des facteurs qui empêchent les consommateurs d’utiliser ces services.

« Il devient par conséquent impossible de connecter tout le monde sans prendre de meilleures décisions de politique sur le spectre des fréquences », a déclaré Brett Tarnutzer, responsable du spectre chez GSMA. « Depuis trop longtemps la réussite de la mise aux enchères des fréquences est davantage basée sur les recettes qui peuvent en être tirées que sur les avantages économiques et sociaux pour les personnes connectées. Les politiques du spectre de fréquences qui grossissent les prix et se concentrent sur les profits à court terme sont incompatibles avec nos objectifs communs de fournir des services mobiles à haut débit améliorés et plus abordables. Ces politiques de tarification ne feront que limiter la croissance de l’économie numérique et rendront plus difficiles la tâche d’éradiquer la pauvreté, de fournir des soins de santé et une éducation améliorés et d’aboutir à une inclusion financière ainsi qu’à l’égalité des sexes. »

L’étude de la GSMA évalue plus de 1 000 les attributions de fréquences dans 102 pays (dont 60 pays en voie de développement et 42 pays développés) de 2010 à 2017. Elle est actuellement la plus vaste analyse étudiant la tarification du spectre de fréquences dans les pays en voie de développement, ainsi que les facteurs et les effets potentiels de la tarification des fréquences sur les consommateurs. Parmi les pays faisant partie de l’enquête, on peut citer l’Algérie, le Bengladesh, le Brésil, la Colombie, l’Égypte, le Ghana, l’Inde, la Jordanie, le Mexique, le Myanmar et la Thaïlande, tous des marchés dans lesquels l’octroi de la licence du spectre est une priorité.

La fixation de prix élevés par l’administration ou la fixation de prix de départ élevés lors de la mise aux enchères (par ex. prix de réserve), la limitation artificielle de fréquences sous licence disponible, le refus de partager une feuille de route claire et la mise en place de règles d’enchères inefficaces sont quelques exemples de décisions de politique mentionnées par le rapport qui entrainent la hausse des prix des fréquences dans les pays en voie de développement.

GSMA Intelligence publie le nouvel Indice de connectivité mobile

Par ailleurs, la GSMA Intelligence a publié aujourd’hui son récent Indice de connectivité mobile qui mesure la performance de 163 pays (représentant 99 % de la population mondiale) selon des facteurs déterminants qui sont essentiels pour favoriser l’adoption de l’internet mobile. L’Indice souligne les récents progrès accomplis dans le renforcement de l’accès à l’internet mobile et analyse les obstacles principaux à l’adoption, y compris la politique de spectre.

Fin 2017, 3,3 milliards de personnes (ou 44 % de la population mondiale) étaient connectées à l’internet mobile, représentant une hausse de presque 300 millions de personnes par rapport à l’année précédente. Il reste ainsi environ 4 milliards de personnes hors ligne qui ne peuvent pas jouir des avantages sociaux et économiques de l’internet mobile. La majorité des personnes qui ne sont pas reliées, notamment 3,9 milliards, vivent dans les pays en voie de développement.

Un milliard de personnes dans le monde ne sont toujours pas couvertes par les réseaux mobiles. En outre, environ 3 milliards de personnes vivent dans une zone couverte par un réseau à haut débit mobile mais n’accèdent pas aux services d’internet mobile. Dans les pays à faible revenu, environ deux tiers des populations rurales ne sont pas couvertes par des réseaux 3G. L’Indice de connectivité mobile souligne l’importance de facteurs tels que l’accessibilité et la qualité des services mobiles à haut débit, ainsi que l’investissement dans le réseau en vue de relier les personnes, tous deux des facteurs qui peuvent être influencés par les prix élevés des fréquences.

« Si on n’offre pas aux opérateurs mobiles un accès abordable et prévisible aux fréquences, ce sont les consommateurs qui en souffriront le plus », a expliqué Pau Castells, directeur de l’analyse économique chez GSMA Intelligence. « Les pays en voie de développement peuvent rattraper les pays développés dans le domaine de l’adoption mobile, cependant l’investissement est mis en danger dans certains de ces marchés. Les opérateurs ne peuvent pas continuer de payer extrêmement plus pour les fréquences alors que les revenus des consommateurs et les bénéfices escomptés sont beaucoup plus faibles dans ces marchés. L’investissement dans le réseau devient ainsi plus compliqué à un moment où les politiques devraient plutôt encourager le développement du secteur mobile à multiplier les avantages qu’il peut apporter à tout le monde. »

Le rapport « La tarification du spectre dans les pays en voie de développement » est disponible en anglais ici et ici sous forme d’infographies.

L’Indice de connectivité mobile le plus récent est disponible ici.

À propos de la GSMA

La GSMA représente les intérêts des opérateurs de téléphonie mobile dans le monde entier ; elle rassemble près de 800 opérateurs et plus de 300 sociétés appartenant à l’écosystème mobile élargi, dont des fabricants de téléphones et d’appareils, des éditeurs de logiciels, des fournisseurs d’équipements, des sociétés Internet et des organismes œuvrant dans des secteurs d’activité connexes. La GSMA produit également des événements phares du secteur, tels le Mobile World Congress, le Mobile World Congress Shanghai, le Mobile World Congress Americas et les conférences de la série Mobile 360.

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