Retards et réévaluations des projets à Souk Ahras: Les bureaux d’études mis à l’index

13 Sep , 2017 à 20:15  

Le wali menace de mesures coercitives les entreprises ayant accusé des retards dans le lancement ou l’achèvement des travaux.

Lors de la visite de travail et d’inspection qu’il a effectuée dimanche dans les communes de la daïra de M’daourouch, Badaoui Abbès, wali de Souk Ahras, a piqué une grosse colère en constatant les retards enregistrés dans les projets inscrits dans cette daïra. À M’daourouch, ce sont les 200 logements LPL qui accusent un énorme retard, notamment les 70 logements dont le taux d’avancement des travaux est de 45%, alors que les 130 autres sont à 90%. Le wali a déclaré ne pas pouvoir procéder à la livraison des logements achevés tant que les VRD ne sont pas réalisés à 100%. Il est, pour le premier responsable de la wilaya, inconcevable de distribuer des logements dans une cité où des travaux sont encore en cours. Quant à la piscine semi-olympique qui a fait l’objet de 4 réévaluations pour un coût de 5 milliards, elle est passée à 24 milliards, sans que les travaux soient terminés. Ce projet qui a été entamé le 20 juillet 2014 pour un délai de réalisation de 16 mois n’a cessé de s’arrêter et connaît actuellement un taux d’avancement des travaux de 75%. À Ragouba, les 50 logements LPL, qui ont démarré le 2 novembre 2015 pour un délai de 30 mois, connaissent un retard considérable. Là, c’est plus grave, puisque le taux d’avancement des travaux est de 10% et le taux financier de 9% à peine. La cadence des travaux est trop lente, l’entreprise chargée de la réalisation n’ayant que 6 ouvriers sur le chantier, ce qui a amené le wali à sommer celle-ci de renforcer son personnel, ajoutant que des mesures coercitives seront appliquées allant des pénalités de retard à l’inscription de l’entreprise sur la liste noire, qui sera transmise aux 48 wilayas. À Tiffech, le wali a inspecté le projet de réhabilitation du petit barrage, dont le taux d’avancement des travaux est de 80%. Ce projet une fois réalisé permettra l’irrigation de 200 ha. Le wali est intervenu pour demander le changement du système d’irrigation en employant les nouvelles technologies, qui permettent une meilleure irrigation et un gain consistant d’eau. Il a aussi demandé à revoir à la hausse le périmètre d’irrigation pour atteindre 600 ha et de s’orienter vers d’autres cultures autres que le melon, qui est devenu la spécialité de la région. La visite a été clôturée par une rencontre avec la société civile qui a permis au premier responsable de la wilaya de connaître les préoccupations des citoyens, qui ont tourné autour du logement, l’eau potable, l’éclairage public ainsi que le transport scolaire. Le wali a répondu avec franchise aux doléances des présents en leur disant que tout ce qui pourra être réalisé dans l’immédiat le sera, en tenant compte des priorités. À notre question sur les retards des projets et leurs réévaluations, M. Badaoui a répondu que cette situation est due à l’octroi des projets et aux bureaux d’études qui sont chargés du suivi. “Il est grand temps de s’appuyer davantage sur des bureaux d’études spécialisés, que ce soit pour les équipements publics ou pour le logement, et de mettre fin aux réévaluations répétées des projets”, a estimé le wali, qui ajoute que “les bureaux d’études sont responsables de cette situation, qui a des conséquences négatives en termes de financement. En principe, celui qui procède à l’étude du projet doit en faire le suivi, et la réévaluation doit être supportée par celui qui l’a occasionnée”.

Hocine Farrouki

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