Renault-Nissan-Mitsubishi reste au sommet de l’automobile mondiale

30 Jan , 2019 à 23:36  

L’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, qui a défrayé la chronique avec l’incarcération puis la démission de son patron emblématique Carlos Ghosn, s’est maintenu l’an dernier au premier rang des ventes automobiles mondiales, devant Volkswagen et Toyota, selon des chiffres publiés mercredi.

Les ventes de l’ensemble franco-japonais ont progressé de 1,4% en 2018 pour totaliser 10,76 millions d’unités, soit une vente de véhicule sur neuf dans le monde. Le trio avait atteint ce rang de numéro Un pour la première fois en 2017.

Ce total résulte de l’addition des 5,65 millions de véhicules écoulés par Nissan (-2,8% sur un an), y compris sous ses marques Datsun et Infiniti, 3,9 millions du groupe Renault (+3,2%), avec Dacia, Lada, Samsung, Alpine, et 1,22 million de Mitsubishi Motors (+18%).

Le groupe Volkswagen (qui comprend 12 marques dont Audi, Porsche, Seat et Skoda), a progressé moins vite l’an dernier (+0,9%), atteignant tout de même un nouveau record à 10,83 millions de véhicules.

Mais ce chiffre inclut 233.000 camions vendus sous les marques MAN et Scania. Si on s’en tient aux seules voitures particulières (VP) et utilitaires légers (VUL), Volkwagen a écoulé « seulement » 10,6 millions de véhicules.

Toyota reste troisième du classement, avec 10,59 millions d’unités vendues dans le monde, y compris les camions.

« L’Alliance a maintenu sa position de leader mondial des ventes en volume de véhicules particuliers et utilitaires légers », a revendiqué mercredi Renault-Nissan-Mitsubishi, dans un communiqué.

Séparer les camions des catégories voitures et VUL « a du sens », estime auprès de l’AFP Tommaso Pardi, directeur adjoint du Groupe d’étude et de recherche permanent sur l’industrie et les salariés de l’automobile (Gerpisa), basé à Paris.

Selon lui, « les voitures et VUL peuvent être construits dans les mêmes usines » et partagent de nombreux éléments communs alors que les camions sont « une industrie totalement différente ».

Il met cependant en garde contre une sur-interprétation des chiffres de volumes de ventes.

– Réductions de coûts –

Outre leur portée symbolique, les volumes sont certes très utiles pour réduire les coûts. Ils permettent de négocier des prix d’achat plus bas avec les fournisseurs et d’amortir les frais de recherche et développement sur des séries de production plus longues.

Mais « ce n’est pas un indicateur fiable de la compétitivité d’un constructeur », explique M. Pardi, pour qui il faut aussi regarder des éléments comme les ratios de rentabilité ou la valorisation boursière.

Sur ces deux critères, Toyota, qui pèse plus de cinq fois Volkswagen et dix fois Renault en Bourse, reste la référence.

Les experts soulignent aussi que Renault-Nissan-Mitsubishi n’est pas un vrai groupe intégré, mais une alliance basée sur des participations croisées. Renault détient 43% de son partenaire Nissan, qui détient lui-même 15% de Renault (sans droits de vote) et 34% de Mitsubishi Motors.

Tout l’enjeu pour cette alliance est de continuer à partager de plus en plus d’éléments communs afin de réaliser des économies d’échelle équivalentes à ses grands rivaux. L’Alliance vise ainsi 10 milliards d’euros de synergies d’ici à 2022. Elle souhaite, à cette date, fabriquer 9 millions de ses véhicules sur quatre plateformes communes.

Incarcéré au Japon depuis le 19 novembre pour des malversations financières présumées, Carlos Ghosn a de nouveau clamé son innocence mercredi et affirmé avoir été victime « d’un complot et d’une trahison » de dirigeants de Nissan qui s’opposaient à son projet d’intégrer davantage Renault et ses alliés japonais.

Les trois géants Renault-Nissan-Mitsubishi, Volkswagen et Toyota, ont creusé un écart important avec le reste des constructeurs.

Le quatrième groupe, General Motors (GM), a en effet perdu plus d’un million d’unités annuelles en vendant en 2017 son activité européenne (Opel/Vauxhall) au français PSA (Peugeot, Citroën, DS). En difficulté sur les marchés américains et chinois, il devrait tout de même se maintenir au-dessus des 8 millions de véhicules en 2018.

Le groupe coréen Hyundai (avec Kia) a déjà annoncé avoir vendu 7,4 millions de voitures l’an dernier, un nouveau record.

Derrière, le constructeur américain Ford a écoulé 5,98 millions de véhicules dans le monde. Son rival italo-américain Fiat Chrysler (FCA) n’a pas encore publié ses chiffres pour 2018, mais il avait écoulé 4,74 millions de véhicules en 2017.

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