Le casse-tête du transport

14 Juin , 2018 à 11:40  

L’Aïd El-Fitr est à nos portes. L’événement est synonyme d’un large déplacement des populations terre, air, mer. Comme chaque année, la fin du Ramadhan signifie le rapprochement des proches.

C’est aussi le temps où les mères de familles multiplient leurs sorties pour l’acquisition du nécessaire pour la confection des gâteaux traditionnels. Se multiplient les déplacements des ménages. Il s’agit de préparer le nécessaire pour la confection des plats culinaires de chaque jour, l’achat de l’habillement pour les enfants, jusqu’aux friandises et autres gâteaux incontournables en pareille circonstance. C’est aussi le temps des voyages vers toutes les destinations de notre vaste pays avec son autoroute Est/Ouest, ses routes nationales et celles de wilayas. En bon ou mauvais état, même si elles sont cause d’accidents mortels, elles sont empruntées la nuit et le jour par des centaines de milliers de voyageurs. Par monts et par vaux, ils s’enfoncent profondément dans les régions, communes et localités les plus reculées. Et si la frontière marocaine reste une traversée impossible à matérialiser, celle avec la Tunisie est quotidiennement prise d’assaut par les touristes algériens en grand nombre de part et d’autres. Ce sont généralement de nouveaux mariés ou de jeunes parents souvent accompagnés de leurs enfants à la recherche de nouvelles sensations.

Il y a ceux en provenance de diverses régions de l’Est du pays. Ils passeront toute une journée dans leur voiture à Annaba à attendre sous la chaleur ou le froid, le bon vouloir des agents du service, l’octroi d’un visa de France pour espérer décrocher leur droit de passage à destination de ce pays. Les autres, se contenteront d’une visite de Bab Essouika, le marché traditionnel de la capitale tunisienne. Ils y resteront le temps d’effectuer des emplettes. C’est pour le même objectif que se déplacent les Tunisiens. Ils sont de plus en plus nombreux à fréquenter nos villes et nos villages. Tarf, Souk-Ahras, Tébessa et Annaba, sont leurs villes privilégiées. Ils y viennent pour acquérir les pièces autos dont le prix et beaucoup moins cher qu’en Tunisie. Ils y vont par monts et par vaux. Il n’y a toujours pas de liaison de transport collectif entre les deux pays voisins. Situation que d’un côté comme de l’autre des deux frontières l’on ne comprend pas. Les plus nantis s’y rendent en voiture. D’autres en taxi dont le coût de transport avoisine le quintuple du prix généralement appliqué par les transporteurs algériens. Ceux-ci sont les seuls à profiter de ce métier de transporteur aux frontières. Ils sont nombreux à effectuer de longs détours en empruntant les routes plus au Sud-Est via Touggourt, El Oued, ou plus loin à Tamanrasset… Au-delà du voyage éreintant il y a également l’exigence faite par certains transporteurs quant au versement d’une taxe à quiconque pose le pied en terre tunisienne. Que l’on dispose de ses documents de voyage ou pas, la longue attente aux postes frontaliers est incontournable. Parfois, cette attente dépasse les trois heures dans des conditions d’accueil aléatoires. Alors que les autorités multiplient les appels pour attirer un nombre plus important de touristes étrangers en Algérie, certains fonctionnaires créent des tracasseries.

Le traitement ne diffère pas d’un individu à un autre, homme ou femme, tout voyageur y est soumis même si parfois, elle n’est pas nécessaire. Visite corporelle et des bagages, contrôle poussée, paiement de la taxe interrogatoire sur la provenance des sommes en devises, du droit d’entrée au titre du séjour. Sur les ports comme dans les aéroports et les gares routières, dans certaines stations, les voyageurs sont contraints de se mettre en rang. Cela se fait souvent sous un soleil de plomb aux abords d’une piste poussiéreuse sous le regard blasé des agents de douanes ou de la police. Aux frontières tunisiennes, dans certains cas, les droits de l’homme sont foulés aux pieds. Seules peuvent espérer une meilleure prestation de service, les pistonnés et ceux qui n’hésitent pas à mettre la main à la poche. A ce niveau, selon des voyageurs tunisiens, douaniers et agents de sécurité continuent de sévir impunément. D’où cette question que l’on se pose de part et d’autre des deux frontières, à quand la remise en activité de la liaison ferroviaire Tunis/Alger.

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