«La France a une dette envers l’Algérie»

8 Juil , 2018 à 11:18  

Par Z.K.

La France a une dette envers ces hommes et ces femmes, leurs enfants auxquels elle n’a apporté «aucune attention» sur leur sort de descendants des irradiés de Béryl, a affirmé samedi Louis Bulidon, un ancien appelé de contingent témoin des essais nucléaires français dans le sud algérien.

Le 1er mai 1962, la France a réalisé son second essai nucléaire souterrain à In Ecket, au nord de Tamanrasset ayant pour code Béryl, rappelle-t-on, auquel a assisté Louis Bulidon, auteur en 2011 de l’ouvrage de l’ouvrage «Les irradiés de Béryl: l’essai nucléaire français non contrôlé». «L’essai Béryl par la propagation accidentelle de son nuage radioactif a durablement irradié les populations Sahariennes, au premier rang desquelles les touaregs du Hoggar mais aussi les populations locales des oasis du sud algérien, du Mali, du Niger et à l’est jusqu’au Tchad», a-t-il affirmé, soulignant que les enfants et les petits enfants de ces populations portent dans leurs gènes les séquelles de cette contamination radioactive comme tentent à le démontrer les études scientifiques récentes en France et en Angleterre».
Pour lui, après les accords d’Evian sur l’indépendance de l’Algérie, la France a «totalement abandonné les victimes de son programme nucléaire à leur sort d’irradiés vivant sur des sols durablement radioactifs comme ont pu le démontrer les prélèvements sur la végétation que nous avons effectué mes camarades et moi à l’époque après Béryl en nous déplaçant jusqu’aux frontières du territoire algérien».
La France, a-t-il expliqué, «a une dette envers ces hommes et ces femmes, leurs enfants auxquels nous avons apporté aucune attention sur leur sort de descendants des irradiés de béryl. Comment oublier que nous avons ignoré totalement dans le passé la situation sanitaire de leurs parents exposés aux retombées de Béryl», a-t-il écrit dans son blog, appelant le président Emmanuel Macron à assumer «cet héritage». L’ouvrage de Louis Bulidon (83 ans), un ingénieur chimiste affecté en décembre 1961 au Service Technique des Armées, section «Arme atomique», dans une base militaire dans le Hoggar, se veut un témoignage pour faire toute la lumière sur l’accident de l’essai nucléaire Béryl.
La France a réalisé plusieurs essais nucléaires dans le sud algérien, notamment à Reggane et à Tamanrasset. Une équipe de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a inspecté en 1999 les champs de tirs, demandant la fermeture de quatre zones interdites d’accès. Le dossier des conséquences des essais nucléaires français et de l’indemnisation des victimes se trouve actuellement sur la table de négociations d’une commission algéro-française chargée de régler les questions liées à la mémoire.

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