Ils s’interrogent sur le sort réservé aux 12 logements enpi affectés au chu de Bejaïa : Les élus de l’APW réclament une commission d’enquête

13 Sep , 2017 à 17:31  

Les membres de l’Assemblée populaire de la wilaya (APW) de Béjaïa, toutes tendances confondues, s’interrogent sur le sort réservé aux douze logements acquis, en 2015, auprès de l’ENPI au profit des hospitalo-universitaires de rang magistral,notamment les professeurs chefs de service, devant rejoindre le CHU Khellil-Amrane de la même ville.

En effet, des informations faisant état des doutes qui entourent la plupart des décisions d’affectation de ces logements de fonction n’ont pas manqué de susciter de vives réactions parmi les responsables politiques et les élus locaux. Ces derniers, se sentant interpellés par une telle information, sont montés au créneau pour dénoncer « l’opacité » qui caractérise la gestion de ce dossier et mettre en garde contre tout éventuel « détournement » de ces biens immobiliers de leur destination initiale. Ainsi, le président de l’APW de Béjaïa, Ali Rabahi, s’exprimant sur les ondes de Radio Soummam, a assuré que l’affaire des 12 logements mis à la disposition du CHU de Béjaïa, sera examinée lors de la prochaine session de l’Assemblée, prévue en septembre.

M. Rabahi a tenu à rappeler que « ces logements sont destinés exclusivement au corps médical de rang magistral». Son vice-président, Hocine Kerrouche va jusqu’à accuser le Directeur général du CHU, le Pr Abdelmalek Danoune, de ne pas vouloir communiquer les noms des attributaires de ces logements de fonction qui, pourtant, appartiennent à l’APW. « Personnellement, j’ai interpellé maintes fois M. Danoune, lors de notre dernière session consacrée au secteur de la Santé, à l’effet de nous communiquer les noms des bénéficiaires des 12 appartements que nous avions acquis en 2015, auprès de l’ENPI, en vain ! Il ne m’a pas du tout répondu à ce jour. », nous a déclaré M. Kerrouche. Avant d’ajouter : « En tout cas, nous avons décidé d’inscrire cette affaire douteuse à l’ordre du jour de notre prochaine session, où nous allons demander officiellement la liste des occupants de ces logements, faute de quoi, nous allons constituer une commission d’enquête de l’APW qui mettra la lumière sur les dessous de cette affaire.

Quitte à demander la restitution de ces biens immobiliers que nous mettrons à la disposition du wali, lequel se chargera de les attribuer personnellement aux professeurs et autres chefs de service exerçant au niveau du CHU de Béjaïa. » De son côté, Mouloud Deboub, élu RCD à l’APW, se dit « favorable à la mise en place d’une commission d’enquête sur le sort réservé à ces logements dédiés exclusivement aux professeurs de médecine ». Pour cet élu, l’APW de Béjaïa devrait agir vite, quitte à convoquer une session extraordinaire, afin d’examiner en urgence ce dossier qui concerne un secteur aussi sensible.

« Il y va de la santé de notre population et de l’avenir de notre CHU. On ne badine pas avec la santé publique », a-t-il soutenu. Même son de cloche chez le groupe d’élus FFS qui détient la majorité au sein de l’APW de Béjaïa. « Nous sommes pour une commission d’enquête et nous dénonçons la manière avec laquelle sont gérés les logements de fonction affectés au CHU de Béjaïa. Nous avons appris que parmi les occupants des 12 appartements acquis par l’APW, figurent des médecins ayant déjà bénéficié de logements de fonction. Pire encore, il y aurait même certains professeurs qui n’exercent plus au CHU de Béjaïa », nous affirme Karim Natouri, élu FFS à l’APW et avocat de son état.

Par ailleurs, notre interlocuteur tient à préciser qu’« il n’y a aucune APW en Algérie qui vient en aide d’un CHU comme nous l’avons fait ici à Béjaïa. Ailleurs, ce genre d’établissement hospitalier sont dotés par leur ministère de tutelle de moyens colossaux ». Avant de « réitérer notre demande au pouvoir central d’inscrire un CHU digne de ce nom pour notre wilaya. Car, Béjaïa ne dispose pas actuellement d’infrastructures de base capables d’abriter un véritable CHU qui saurait répondre aux besoins de sa population ».

Enfin, il convient de signaler que le comité consultatif du CHU de Béjaïa, dont son président n’est autre que son Directeur général, avait souligné dans son procès-verbal de réunion, tenue le 21 octobre 2015, et dont nous détenons une copie, qu’« en ce qui concerne le choix d’affectation des logements ENPI attribués par la wilaya, le comité retient le principe de base du droit de préemption aux anciens professeurs chefs de service.». Sans commentaire.
C. A. M.

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