Forets et plages sont prises d’assaut: Un ftour pas comme les autres…

7 Juin , 2018 à 16:40  

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La monotonie du Ramadhan vous ennuie? Pas de panique, on vous fait découvrir deux expériences qui vous feront voir le Ramadhan d’une autre façon, tout en gardant ses traditions. Appréciez-plutôt!

Les deux premières semaines du Ramadhan se sont écoulées, la chorba et le bourek vous sortent du nez, la routine commence doucement, mais sûrement à s’installer! Comment faire pour casser cette monotonie? Certains ont trouvé la solution en faisant de leur ftour une aventure…et pas seulement culinaire! C’est le cas de Sami et sa bande d’amis. Ces Algérois ont «enfourché» leur véhicule pour un ftour à 1478 m d’altitude! 146 km et deux heures de route, plus tard, ils arrivent à leur «restaurant» du soir qui n’est autre que le Parc national deTikjda. Comme le faisaient leurs ancêtres, il y a quelques siècles, ces citadins ont décidé de rompre le jeûne en pleine forêt, sous un feu de camp qui illumine leur belle soirée. Un campement de fortune y est ainsi installé. Ils commencent par ce qu’ils qualifient d’élément essentiel pour la réussite de leur soirée, à savoir un grand sac-poubelle où ils verseront leurs détritus ainsi que ceux des «campeurs» qui sont passés avant en faisant preuve d’incivilité. «On est venu se réconcilier avec la nature, pas l’agresser…», souligne Sami, avec philosophie. Après, cette étape primordiale commence le partage des tâches. Les hommes vont chercher du bois, pendant que les femmes s’occupent de préparer la cuisine. Plus d’une heure après, les apprentis «bûcherons» reviennent chargés de bois. «C’est du bois mort, on ne touche pas aux arbres», soulignent avec un large sourire les membres du groupe qui s’apprêtaient à «élever» cette flamme «ramadhanesque». Une belle braise reluit soudainement, sous un tonnerre d’applaudissements. L’élément incontournable du camping est là, on peut alors piquer un petit somme en attendant l’Adhan du maghreb. «Que demander de plus. On n’est pas au paradis là? Loin du bruit de la ville, de la pollution. Rien que cette petite sieste vaut de l’or. C’est un véritable moment de plaisir, où l’on se ressource. Un petit quart d’heure, et on est prêt pour affronter toute une autre journée», lance avec des yeux qui brillent, Youba, un autre membre du groupe. Aux alentours de 19h30, les campeurs du Ramadhan, se lèvent les uns après les autres, direction la source d’eau pour se laver le visage et remplir les bouteilles qui étancheront leur soif, pas celle de l’aventure…

Une randonnée pour bien digérer
Il est un peu plus de 20 h, quand les réveils commencent à sonner. C’est l’heure de l’iftar. On réchauffe les bons petits plats sur ce magnifique feu, dont la beauté s’accentue au rythme de la nuit! On mange à même le sol, autour du feu, on se raconte des blagues, on se rappelle des bons moments de la journée en dégustant une chorba qui n’a pas incontestablement le même goût que d’habitude. «C’est notre nourriture, c’est nous qui avons l’habitude de la préparer. On n’a rien changé aux recettes, mais je vous assure que le goût est complètement différent. Ce magnifique panorama nous fait apprécier autrement la nourriture…», assurent les cuisinières attitrées du groupe. Après ce bon moment de dégustation, il faut maintenant digérer! Quoi de mieux qu’une randonnée? Oui, oui vous avez bien entendu, une randonnée nocturne dans les montagnes du Djurdjura, et ce, en toute sécurité. «Un peu de sport ça ne fait pas de mal! On va à la rencontre de Dame nature qui est toute en beauté sous le ciel étoilé», précisent ces jeunes qui refusent d’aller perdre leur temps dans le café du coin. Sami et ses amis ne sont pas les seuls à avoir opté pour ce ftour des plus ludiques. D’ autres petits groupes, venant de plusieurs wilayas du pays ont fait de même. Néanmoins, ce ftour «forestier» reste minime par rapport à la tendance du ftour maritime! En effet, le déjeuner en bord de mer est une tendance qui est apparue ces dernières années avec le Ramadhan en plein été. Malgré, le fait que cette année il n’a pas fait aussi chaud que d’habitude, l’iftar en bord de mer est toujours aussi à la mode. C’est le cas des plages les Canadiennes et Déca -plage à Aïn Taya (côte est d’Alger) qui se transforment en véritables restaurants à ciel ouvert. On trouve de grandes tables dressées comme dans des restaurants étoilés. Elles sont occupées par les familles, des groupes d’amis ou des couples.

Ambiance et sécurité assurées
Les jeunes du quartier qui tiennent le parking proposent des chaises et des tables à louer: 800 dinars la table avec ses quatre chaises.
«Cela peut paraître cher, mais ce prix nous permet d’être tranquille. Car, ces jeunes sont aussi là pour assurer la sécurité», confie Zakaria, un père de famille accompagné de sa femme Narimane et de leurs deux enfants. C’est parfait de ce côté-là, tout comme pour l’éclairage! Une ambiance bon enfant règne au niveau de ces restaurants d’un autre genre. Pendant que les parents s’affairent à préparer la table, les petits en profitent pour aller piquer une tête. «Un bon bol d’air frais, des vagues qui bercent notre fftour, le tout dans une ambiance extraordinaire. Que demande le peuple?» se réjouit Linda, toute heureuse de pouvoir profiter du sable fin doré et de l’eau cristalline de cette magnifique plage des Canadiennes. Le soleil, se couche. El Adhan retentit, certains vont faire la prière alors que d’autres attaquent directement leurs assiettes. «C’est la troisième fois que l’on vient avec ma petite famille, je ne suis jamais déçue», assure Lamia qui s’affairait à chercher un peu de sel à remettre à la famille qui se trouvait à la table voisine. Car, les valeurs du Ramadhan que sont la convivialité, le partage et la bonne ambiance sont au rendez-vous. On échange des denrées qui manquent, on discute, on rigole, le tout dans une ambiance des plus conviviales. Il y a un respect total entre tous les amoureux du ftour maritime et ce quelle que soit leur idéologie. On est face à un vrai modèle du bien-vivre ensemble. Les djellaba font face aux maillots de bain. Certains vont piquer une tête, pendant que d’autres choisissent de préparer la table de la «sahra», où ils s’adonnent à des parties de dominos à même le sable, assorties de «moukasirate» (amuse-gueule), comme ils aiment les appeler. Outre les cacahuètes, il y a aussi la fameuse «chicha» et sa douce odeur que l’air marin colporte à travers la plage. Le temps passe, le shour arrive! Certains sont déjà rentrés chez eux, d’autres ont carrément choisi de continuer leur sahra jusqu’au bout de la nuit! Il y en a même qui ont opté pour des grillades nocturnes. Ils allument leur barbecue pour s’offrir un bon «chewa» en guise de shour. C’est ce que l’on peut appeler un Ramadhan pas comme les autres. Alors n’hésitez pas à «plonger» dans cette expérience…

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