Douaniers interdits de sortie du terrirtoire national

11 Juin , 2018 à 11:36  

Suspendus de leurs fonctions avec interdiction de quitter le territoire national, les 17 officiers supérieurs et inspecteurs des douanes dont le premier responsable de la direction régionale d’Annaba pourraient payer pénalement le prix de leurs corruptions et compromissions.

Celles-ci leur avaient permis l’acquisition de biens en France, en Espagne et à Dubaï. Ce qui donne une tournure inattendue à cette affaire où se mêlent grands et petits chefs gardiens de nos frontières économiques terre, air, mer. Tournure qui consolide également l’information selon laquelle le dossier de cette affaire a été transmis au pôle pénal de Constantine.

Il leur est reproché des faits préjudiciables à l’économie nationale dont le transfert illicite d’importantes sommes en devises et le trafic de conteneurs. Certains de l’impunité, ils intervenaient sous la casquette de leur fonction de douanier et, de par la proche parenté de leur 1er responsable avec la DGSN, celle de police des frontières. Même la complicité des importateurs, commissionnaires, déclarants, leur était acquise. Particulièrement au port d’Annaba où ils décidaient de tout ce qui devait entrer ou sortir du territoire national.

Y compris du taux de change parallèle qui, obéissant à leurs interventions quotidiennes par cabas de dinars, euros et dollars, faisaient flamber les cours à la rue Ibn Khaldoun. Tout cet imbroglio devrait être élucidé par les magistrats du pôle pénal de Constantine auquel a été confiée l’enquête. A l’écoute de la déclaration du 1er patron de la sûreté nationale : « Je suis victime d’un complot », on est en droit d’affirmer que l’interventionnisme a déjà débuté. Il se trouve que cette fois-ci, l’enquête relève du pôle pénal de Constantine synonyme de rigueur dans la conduite des investigations. C’est que dépités par l’attitude peu recommandable de ces régaliens peu respectueux du droit et de la droiture et s’illustrant par des actes répréhensibles, le haut-lieu a jugé utile de mettre un terme à leurs agissements. Dans leurs poches, sacs et cabas ont atterri des rançonnements et autres fruits de la corruption. Et comment peut-il en être autrement quant aux frontières, tout douanier ou policier quel que soit son grade, qui oserait s’opposer à un quelconque passe-droit, se retrouve sanctionné. Beaucoup de douaniers intègres ont subi la même disgrâce. Elle a été appliquée par le même directeur régional des douanes.

Ce dernier se transforme en directeur de la police des frontières au gré de ses intérêts. Au comble de l’exaspération, la direction générale des Douanes a décidé de mettre un terme aux activités de ce groupe de spécialistes du crime économique aux frontières. C’est que le directeur régional des Douanes, celui de wilaya et autres douaniers de différents grades ou fonctions en poste ainsi que des importateurs, commissionnaires impliqués ne sont plus libres de leurs mouvements. Cités dans les accusations de corruption et de trafic divers aux frontières, chacun a fait l’objet d’une mesure coercitive. On n’en est pas encore aux mandats de dépôts, mais au vu de la rigueur appliquée par les enquêteurs spécialisés, cette mesure ne saurait tarder. Qui, de l’officier, brigadier et simple agent de douane ou policier était en mesure de s’opposer au transfert illicite de tout un cabas de devises sous la protection « du patron» ? Ceux qui ont osé le faire ont été sanctionnés. A l’image de cet officier de douane muté à Sétif ou de ce policier à Souk-Ahras. Nos sources affirment que l’audit devrait aller plus loin pour relever des irrégularités. Notamment celles relatives à la gestion financière portant sur, entre autres, des importations injustifiées de marchandises pour l’équivalent de plusieurs centaines de milliards.

C’est dire que cette affaire des douaniers véreux du port d’Annaba annonce une lutte implacable contre la corruption. Il est dit qu’une multitude de personnalités ont tenté d’intervenir pour «noyer» le dossier. Ils ont été sévèrement rappelés à l’ordre. Ce qui consolide l’information portant sur l’émission des mandats de dépôt à l’encontre de plusieurs mis en cause. Il y a également les enquêtes de la Gendarmerie nationale qui coordonne ses actions avec les services du DRS. Ce qui a permis la saisie de plusieurs cassettes vidéo de l’aéroport Rabah-Bitat. Elles montrent clairement que des cabas contenant d’importantes sommes en devises ont été introduites ou sorties hors scanner du territoire national. Elles proviennent toutes du change parallèle de la rue Ibn Khaldoun Annaba. Il y a également cette affaire dans laquelle est cité l’homme d’affaires et député Mohamed Djemaï de Tébessa.

Elle a éclaté le mois de février 2018 avec la découverte par les douaniers de Annaba de conteneurs. Ces derniers étaient chargés à ras bord de téléviseurs et autres produits électroménagers. Fabriqués en Chine, ces produits portaient la mention «made in Algeria». La fraude permettait à l’importateur d’éviter les taxes. D’autres faits portant sur les richesses soudaines des uns et des autres officiers de douane comme le sous-directeur chargé du contentieux, ont intéressé les enquêteurs de la Gendarmerie nationale.

A. Djabali

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