Commerce durant le ramadhan à Mascara: quand les femmes rivalisent avec les hommes

5 Juin , 2018 à 20:32  

MASCARA – Les femmes sont de plus en plus nombreuses à proposer, durant ce mois de ramadhan, au centre-ville de Mascara, divers produits de campagne comme les légumes frais, des £ufs et le lait cru.

Le but étant d’assurer des revenus substantiels pour contribuer au budget familial fortement éprouvé.

Chaque matin, quelque 200 femmes se donnent rendez-vous à proximité du mausolée du savant « Abiras Ennaciri », appelé localement « Sidi Bouras » et à la place d’El Argoub, pour exposer à la vente et même le sol, des légumes frais comme la carotte, l’oignon, la pomme de terre, des concombres ainsi que des poules, des oeufs et de lapins.

On y vend également du pain traditionnel, des petits plats préparés à la maison alors que d’autres femmes se sont spécialisées dans la vente d’herbes aromatiques et épices indispensables pour la préparation de la H’rira du F’tour. Les prix très abordables et la fraicheur des produits attirent inexorablement la clientèle.

Si ce genre de commerce « au féminin » est enregistré tout le long de l’année, il connaît, par contre, une hausse plus importante du nombre de femmes, de couches modestes en général, qui le pratiquent durant le ramadhan, période de grandes dépenses et de toutes les tentations et envies culinaires.

Hadja Kheira, la cinquantaine, réside dans la commune de Mamounia, proche du chef-lieu de wilaya. Elle explique que dès les premières heures de la matinée, elle récolte certains légumes dans son potager pour les revendre au centre-ville de Mascara. « Chaque jour, j’emporte avec moi entre 10 et 15 kilos de légumes frais. Mes recettes quotidiennes ne dépassent guère les 500 DA.

Dès que ma marchandise est épuisée, je me rends aux magasins de produits alimentaires pour m’approvisionner en denrées nécessaires au repas du soir. Ainsi sont rythmées mes journées », indique-t-elle.

Sa voisine du jour, Malouka, divorcée avec des enfants à sa charge, propose, à même le sol, des poules pondeuses et des oeufs provenant de son petit élevage domestique. « Le prix d’une poule vivante oscille entre 500 et 700 DA selon son poids. Il dépend également de la demande.  Parfois je  rencontre des difficultés pour vendre ma marchandise », déplore-t-elle.

                                  —Contraintes par les aléas de la vie—

 

Malouka avoue qu’elle a également de fidèles clients, surtout des femmes, qui lui commandent des produits particuliers comme des gâteaux traditionnels, du pain ou encore un certain nombre de poulets et d’oeufs nécessaires pour des fêtes familiales ou religieuses.

Une autre femme, la quarantaine bien entamée, explique que ce sont les aléas de la vie et la situation de besoin qui les poussent à rivaliser avec les hommes dans ce domaine du commerce et du négoce.

« Toutes les femmes ici présentes sur cette place sont contraintes d’exercer cette activité pour subvenir à leurs besoins. Nous n’avons pas le choix et il nous arrive de ramener notre F’tour du restaurant de la rahma, ouvert dans notre quartier « , explique cette femme qui a requis l’anonymat.

Rencontré sur place, Miloud a reconnu s’approvisionner chez ces femmes par élan de solidarité alors qu’il pouvait aisément faire ses emplettes chez les autres commerçants. « Je me fais un devoir d’acheter mes produits chez ces femmes qui sont réellement dans le besoin et qui gagnent leur vie au prix de mille et un sacrifices », ajoute-t-il.

Djamel, un autre client habitué des lieux, avance un autre argument. « Les légumes que proposent ces femmes sont des produits biologiques. Ils proviennent de petits potagers individuels où l’on n’utilise pas intensément les produits chimiques pour accroître leurs récoltes », précise-t-il.

Une source responsable de la direction locale du commerce a indiqué qu’à l’initiative des services de l’APC et de la daïra de Mascara, un espace a été réservé « à titre exceptionnel » à la place d’El Argoub du centre-ville de Mascara où ces femmes vendent des produits traditionnels dans un lieu leur garantissant les conditions de sécurité.

En dépit du fait que cette activité commerciale est informelle et n’est pas autorisée, les parties concernées permettent à ces femmes à titre exceptionnel, durant ce mois sacré, de pratiquer leurs activités. Ne dit-on pas que le ramadhan est le mois de la piété, de l’entraide et de la rahma  ?.

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