Biographie du militant Mohamed Boudia à travers ses écrits politiques et culturels

23 Sep , 2017 à 22:01  

PARIS – Mohamed Boudia : œuvres, écrits politiques,  théâtre, poésie et nouvelles (1962-1973 , un ouvrage qui vient d’être édité  à Paris, se veut les premiers jalons d’une biographie politique du militant  et révolutionnaire algérien, assassiné par le Mossad le 28 juin 1973 à  Paris.

Le livre de 310 pages (Premiers Matins de Novembre Editions) est le fruit  d’un travail de recherche minutieux de plusieurs personnes sur le parcours  de Mohamed Boudia, qui a vécu  à l’intersection de la culture populaire et  l’action militante, entre la guerre de Libération algérienne et la révolution palestinienne en Europe.

Ayant longtemps vécu dans la clandestinité, jusqu’à sa mort à l’âge de 41 ans, la vie de Mohamed Boudia est revisitée à travers cet homme de théâtre  et de culture, militant pour l’indépendance de l’Algérie, écrivain,  journaliste pour avoir été le fondateur de  Novembre, revue culturelle, et  le quotidien Alger ce soir, militant de la révolution arabe et de la cause  palestinienne.

En plus des témoignages de ces proches, dont son fils Rachid, son ami  Djilali Bencheikh et le premier éditeur de ses pièces de théâtre Nils Andersson, l’ouvrage offre à ses lecteurs tous les écrits politiques et  culturelles de celui qui a été directeur, en 1963, du Théâtre national  algérien (TNA), avec Mustapha Kateb.

« La cause de l’Algérie, de son peuple, était la sienne, celle de la  Palestine, des peuples opprimés était devenue aussi la sienne », a témoigné  dans la préface du livre Nils Andersson.

Pour cet éditeur en Suisse, né à Lausanne, et expulsé en 1966 par les  autorités helvétiques après avoir édité plusieurs écrits, favorables à la  cause algérienne,  rien ne pouvait fléchir  cet enfant de Soustara (Casbah  d’Alger) tant que « le rayon de la culture, le rayon de la fraternité sont  interceptés par rangées de matériel d’acier, de tanks et de bombes, de  canons et d’avions, des rangées de cadavres, des rangées de machines à  torturer, des rangées de fil de fer barbelés surmontés de miradors et des  rangées de murs qui croient emprisonner l’idée » .

Son fils Rachid, né en 1963, a tenté de dresser un portrait du père qu’il  a commencé à s’en souvenir réellement à partir de 1968. C’est le témoignage  d’un enfant qui ne voyait pas très souvent un père absorbé par ses  activités culturelles, en tant qu’administrateur en 1967 du Théâtre de  l’Ouest Parisien, et militant pour la cause palestinienne.

« Les vingt-quatre heures d’une journée paraissaient bien timides pour  étancher sa soif artistique », a-t-il écrit sur son père qui s’éclipsait  avec cette simplicité et cette discrétion qui sied aux hommes de talent et  de valeur. Les auteurs de ce livre, un excellent recueil documentaire, ont souligné  qu’à travers cette histoire en antithèse de la fuite, la vie de Mohamed  Boudia est remplie de départs qui furent  ordres, missions, exils forcés ou  tournées culturelles, mais jamais la conséquence d’une lâcheté.

Une séance de présentation du livre a été organisée, signale-t-on, jeudi à  Paris dernier en présence de l’historien algérien Mohammed Harbi et  plusieurs personnes qui l’ont connu et côtoyé.

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