500 milliards de centimes «JETÉS» à la poubelle : L’hallucinant gaspillage du mois sacré

17 Mai , 2018 à 15:37  

Entre 15 et 20% des aliments achetés ne sont pas consommés par les foyers et finissent comme ordures ménagères. Et le produit phare des déchets est malheureusement le pain. Entre 3 et 4 millions de baguettes sont jetées quotidiennement à la poubelle. Autrement dit, l’Algérien gaspille 4 milliards de centimes quotidiennement!

Aujourd’hui, c’est le premier jour du Ramadhan. Pendant un mois, de très nombreuses tables déborderont de nourriture. Les poubelles aussi. Une pratique qui a travesti l’objectif réel du quatrième pilier de l’islam et a altéré son sens. Le mois de tempérance et de modération est devenu un mois de gaspillage et de démesure en Algérie. Et le gaspillage a atteint des proportions alarmantes. En 30 jours, les familles algériennes «jettent» pas moins de 500 milliards de centimes d’aliments dans les poubelles! Entre 15 et 20% des aliments achetés ne sont pas consommés par les foyers et finissent comme ordures ménagères. De l’aveu même des entreprises de ramassage des ordures, 60% des déchets du mois de Ramadhan sont composés de produits alimentaires. Et le produit phare des déchets est malheureusement le pain.

Entre 3 et 4 millions de baguettes sont jetées quotidiennement à la poubelle. Autrement dit, l’Algérien gaspille 4 milliards de centimes quotidiennement! Ce chiffre a été confirmé à plusieurs reprise par El Hadj Tahar Boulenouar, le président de l’Association nationale des commerçants et des artisans (Anca) qui soutient que le gaspillage des familles algériennes se produit à longueur d’année. En faisant un petit calcul, Boulenouar avance le chiffre de 6 000 milliards de centimes qui partent à la poubelle annuellement, dont 1 460 milliards pour le pain! «Nous n’avons pas une culture de consommation», affirme le président de l’Anca avant d’expliquer que le consommateur ne peut pas s’attendre à une stabilité des prix, si son mode de consommation n’est pas stable, car le gaspillage ouvre la voie à la spéculation. Et sur cette question justement, El Hadj Tahar Boulenouar affirme que la première raison de la spéculation est la forte demande enregistrée sur les produits durant les premiers jours du Ramadhan.

Selon lui, ce sont les augmentations d’achat de produits alimentaires observées, comme chaque année, à la veille du mois de Ramadhan qui, par contrecoup, provoquent la hausse «temporaire» de leurs coûts. Boulenouar estime cependant que la hausse des prix de certains fruits et légumes ne durera pas plus d’une semaine. Il annonce même «une chute considérable des prix après les quatre à cinq premiers jours de jeûne». La raison est l’abondance de la récolte cette année après la très bonne pluviométrie enregistrée durant la saison hivernale. Se référant à des experts agricoles et des représentants de marchés de gros, le président de l’Association fait état de la disponibilité de quelque 10 millions de quintaux de fruits et de légumes et environ 80 000 millions de tonnes de viandes durant le mois du Ramadhan. Des quantités largement suffisantes pour calmer l’appétit des consommateurs.

Une autre raison causant la spéculation est avancée par Boulenouar, à savoir le manque de marchés de proximité. «Parmi les raisons encourageant la persistance des tenants de l’informel, le faible nombre de marchés de gros et de détail dont le nombre actuellement avoisine les 1 700, alors qu’il en faudrait entre 2 500 à 3000, particulièrement ceux de proximité» a insisté Boulenouar qui n’a pas manqué de rappeler que les dispositions prises par le ministère de l’Agriculture, celui du Commerce, les autorités locales et les associations professionnelles, tendent à assurer l’approvisionnement du marché, la stabilité des prix et à contrer toute manoeuvre spéculative. A ce propos, il y a lieu de préciser que le ministère du Commerce a ouvert quelque 150 marchés temporaires de proximité au niveau national depuis samedi dernier en prévision du mois sacré de Ramadhan.

Des structures qui permettront aux producteurs de vendre directement aux consommateurs, ce qui permettra de proposer des produits alimentaires et agricoles de grande consommation à prix réduits. Enfin et il n’a pas tort de le relever, Boulenouar a pointé un doigt accusateur en direction des opérateurs économiques en déclarant que «la régulation du marché, le développement du secteur de la distribution ou encore la mise à niveau du secteur du stockage n’est pas uniquement le rôle de l’Etat, mais c’est aussi le rôle des opérateurs économiques. Nous n’avons pas à attendre que l’Etat réalise des marchés de détail ou de proximité, nous n’avons pas à attendre que l’Etat réalise des chambres froides ou un réseau de distribution. L’Etat veille à la légalité de l’activité commerciale et économique, mais le rôle le plus important revient aux opérateurs économiques».

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