28e foire du livre de la havane: Mihoubi dénonce le terrorisme

11 Fév , 2019 à 10:56  

O. HIND

Il y a deux grandes demandes dans le monde. D’une part, la société qui demande de plus en plus de connaissance et de savoir qui sont donnés par les auteurs et d’autre part, des artistes qui demandent à produire plus et assurer leurs justes rémunérations.

Invité d’honneur du 7 au 17 février, à la 28e Foire internationale du livre de La Havane (Cuba) prévue du 7 au 17 février 2019, l’Algérie dont le drapeau flotte au côté de celui de Cuba, a animé trois conférences samedi dernier, dans le cadre de son programme culturel. La première est celle de Sami Bencheikh El-Hocine qui a abordé de façon bien claire le rôle de l’Onda dans la préservation des droits d’auteurs et des droits voisins des artistes algériens, à travers notamment la collecte des redevances, que ce soit de la télé, radio ou taxi etc., la distribution d’argent aux artistes dont les œuvres font l’objet d’exploitation, et ce, notamment grâce à la station de veille qui permet de suivre les émissions télés qui passent des musiques, l’action de soutien grâce à la redevance sur des copies privées (portable, clé usb, ordinateur…), un système qui est très peu pratiqué dans le monde.

D’ailleurs, le représentant du syndicat des éditeurs en Argentine regrettera que cela n’existe pas dans son pays d’où le fait que les rétributions des artistes soient minimes en comparaison avec l’Algérie. C’est le cas à Cuba où la copie privée n’existe pas. «30% des revenus issus des copies privées en Algérie est estimé à 20 millions de dollars. Sur cet argent nous prenons 30% qui est destiné au soutien des jeunes artistes, les fetivals, les salons de livre, le théâtre, le cinéma, les films…» L’intervenant a abordé également la question de l’action sociale qui correspond à 22.000 membres. Bénéficient de ce soutien les artistes qui sont adhérents à l’Onda depuis 15 ans, sous forme d’une retraite complémentaire que l’on donne aux artistes de plus de 60 ans. Cela permet d’accorder un soutien aux artistes malades par exemple ou de payer leurs frais funéraires notamment. Sami Bencheikh, dira que l’Onda développe une action juridique en assistant tout artiste ayant été lésé dans ses droits, en le défendant quand il entre en justice.

L’Onda et les copies privées
Enfin, l’Onda établit également une action de sensibilisation, notamment contre le piratage et en incitant les artistes à déclarer leurs oeuvres. Aussi, nous apprend-on l’Onda accorde des crédits pour l’ouverture, notamment des librairies, contrairement en France par exemple. Et de conclure «il y a un gros problème dans la question du droit d’auteur».
Il y a deux grandes demandes dans le monde. D’une part, la société qui demande de plus en plus de connaissance et de savoir qui sont donnés par les auteurs et d’autre part, des artistes qui demandent à produire plus en et assurer leurs justes rémunérations. La problématique et le débat aujourd’hui de l’Onda reposent sur l’exploitation des oeuvres et l’ensemble des Etats ne se sont pas mis d’accord.

Pour les pays pauvres et notamment africains, l’on demande l’utilisation des oeuvres gratuitement alors que les auteurs doivent vivre». Djamel Foughali, directeur du livre au sein du ministère de la Culture insistera sur le rôle de l’Etat dans la promotion du livre en donnant les nombreux chiffres de livres édités lors des différents événements culturels à l’instar «d’Alger, capitale de la culture arabe», Tlemcen, capitale de la culture islamique. L’intervenant évoquera le fonds d’aide qui vient en soutien de nombreux éditeurs. Concernant les droits d’auteur du livre, ces derniers sont garantis par la loi qui stipule que 10% doivent être reversés automatiquement à l’auteur et l’éditeur n’a pas le droit de ne pas respecter cette disposition.

Pour sa part, le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi dont le dernier livre a été traduit en langue espagnole par le ministère cubain de la Culture à l’occasion de la Foire du livre, fera remarquer au courant de l’après-midi dans la grande salle de conférences: «C’était un rêve d’être dans cette île de la Liberté, terre des héros, symboles de la révolution, des icônes qui ont laissé leurs empreintes jusqu’à nos jours, à savoir José Marti, Fidel Castro, Che Guévara etc.» et de renchérir: «C’est la première fois que l’Algérie participe à la foire du livre comme invité d’honneur dans un pays latino-américain. Nous avons rencontré une société qui respire l’art et la culture. Si certains pays se basent sur les productions économiques, Cuba a montré qu’on peut s’en passer.» Abordant son livre, «Le serment d’Atocha» (El juramento de Atocha), Azzedine Mihoubi, dira que ce dernier aborde le terrorisme qui s’est propagé dans le monde. «Il allie la poésie, à la culture, la politique, et les religions.

Clara ou l’appel à la paix
L’histoire commence par le 11 mars 2004 où un attentat a lieu à Madrid. Pourquoi j’ai choisi Madrid parce que le terrorisme est aujourd’hui collé à l’image de l’islam alors que le vrai islam est loin de ce comportement violent infâme. C’est la religion de la paix et de la tolérance.». L’histoire est celle d’un artiste-peintre de Barcelone, son père est également artiste-peintre et la mère est nostalgique de l’époque de Franco. Ce jeune fait connaissances d’une jeune fille. Il l’aime. Toutes ses toiles sont inspirées d’elle. Le jour où il décide de faire sa déclaration à Clara il apprend qu’un attentat a eu lieu à Atocha. Il apprend que parmi les victimes figure Clara. Si certains pensent que c’est l’oeuvre des séparatistes, lui est convaincu que c’est le fait des islamistes. Pour venger sa bien-aimée, il décide de se déguiser en un maure et détruire l’Alhambra.

Il apprend la langue arabe, séduit une Maghrébine. Plus que jamais déterminé il veut cette fois anéantir la kaâba. Ici on aborde l’histoire de cette région. Or, le personnage central du livre est pris de remords en fin de parcours et se dit que cela ne mènera à rien et surtout ne fera pas revenir Clara. «Ce livre est une tentative de comprendre ce qui se passe dans le monde. Le terrorisme est un phénomène qui devrait concerner toutes les nations, qui doivent assurer la sécurité de leurs peuples qui peuvent basculer dans l’obscurantisme. Je dis cela car je viens d’un pays qui sait ce qu’est le terrorisme. Le message que je veux transmettre à travers ce livre est de mettre l’accent sur la culture pour combattre l’obscurantisme.

Ce roman fait partie d’un grande oeuvre qui s’appelle «Les confessions de l’Askram» dira Azzedine Mihoubi qui signera son oeuvre à cette occasion. Dehors, la foire située à la Forteresse San Carlos de La Cabaña drainait un monde fou, week-end oblige! Samedi, les visiteurs pénétraient, sous un soleil de plomb dans l’arène de la littérature. Les stands ont l’apparence d’une alvéole ou d’un labyrinthe inextricable. La fréquentation semble avoir doublé. Normal, c’est le week-end. On ne se presse pas, mais on y flâne avec sérénité et on repart avec son livre le sourire aux lèvres.

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