1700 français auraient rejoint Daesh en Syrie

14 Avr , 2018 à 21:18  

Les services français mènent une guerre secrète sans merci pour éliminer de l’État islamique les djihadistes francophones qui constituent une menace pour la France. Une politique par Macron, appliquée discrètement avec l’aide de forces alliées américaines.

En tout, 1700 Français auraient rejoint le groupe terroriste sur la zone, selon un décompte des autorités françaises. Parmi eux, au moins 323 sont revenus en France, au moins 1180 Français toujours sur place. Selon les dernières données de la DGSI, pendant les quatre dernières années, 288 hommes et 12 femmes de nationalité française sont morts dans les rangs de Daech.

Pas moins de 300 terroristes Français tués en Syrie et en Iraq
Les services de renseignements français ont livré un nouveau bilan du djihadisme français. Selon ces données, depuis 2014, pas moins de 288 hommes, ressortissants français ou binationaux, ont perdu la vie sur la zone irako-syrienne. Les femmes djihadistes françaises ayant perdu la vie dans les rangs de Daech ces quatre dernières années sont moins nombreuses : la DGSI (direction générale de la sécurité intérieure) estime leur nombre à 12. Ce qui fait, a priori, encore plus d’un millier de Français «sur zone» au sort incertain, dont quelques-uns figurent sur des listes prioritaires des «cibles de haute valeur», ou «High Value Individuals» (HVI) dans le langage militaire américain. Abdelilah Himich en fait partie, ainsi que d’autres combattants francophones du djihad. Parmi eux: Salim Benghalem, ancien geôlier de journalistes français en Syrie ; Peter Cherif, un vétéran du djihad en Irak, proche des frères Kouachi, ou Fabien Clain, mentor du djihad toulousain et voix de la revendication des attentats du 13 novembre 2015, à Paris. Le but des services français est clair : les neutraliser, que ce soit par une capture ou par une élimination.
Le 23 février, lors de la présentation du plan de prévention de la radicalisation, le chef du gouvernement Édouard Philippe a précisé que la majorité de ces « revenants » sont des majeurs, au nombre de 255, et que 68 mineurs ont été recensés. Enfin, au moins 680 majeurs et 500 mineurs français se trouveraient toujours dans la zone.

Parmi ces Français radicalisés morts en Syrie ou en Irak, on compte le proche de Mohamed Merah Sabri Essid, qui était le demi-frère par alliance du terroriste toulousain. Rayan, le beau-fils de Sabri Essid serait lui mort en février. L’adolescent, âgé de 15 ans, était apparu sur une vidéo diffusée par Daech aux côtés de son beau-père, qui lui avait demandé d’exécuter un otage.
Les listes des HVI que la France recherche comportent des dizaines de noms. Les ordres viennent du plus haut niveau de l’État, à savoir du président de la République. François Hollande avait approuvé le principe d’opérations de «mise hors d’état de nuire». Mi-2015, il a confirmé aux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, auteurs du livre Un président ne devrait pas dire ça…(Stock), avoir autorisé «au moins» 4 assassinats ciblés et avoir donné des consignes de vengeance: «Oui, l’armée, la DGSE ont une liste de gens dont on peut penser qu’ils ont été responsables de prises d’otages ou d’actes contre nos intérêts.

Qu’en est-il de la tête pensante de Daesh, Abdelilah Himich ?
Abdelilah Himich alias Abou Souleiman al-Firansi,  né au Maroc, le 16 novembre 1989. Soupçonné d’être l’un des principaux organisateurs des attentats de Paris, était un cadre de premier plan au sein de Daech. Son expérience militaire semble lui avoir valu une ascension rapide dans le dispositif stratégique de l’État islamique. Il s’est engagé un 13 novembre. Cette date, désormais à jamais anniversaire des attentats de Paris de 2015, correspond aussi au jour où Abdelilah Himich s’est enrôlé dans la légion étrangère, sept ans plus tôt, en 2008. La coïncidence interpelle, d’autant plus qu’un survivant du Bataclan se souvient d’une conversation entre les assaillants, l’un d’entre eux demandant à l’autre s’il fallait contacter un certain «Souleiman» — comme l’avait révélé Le Parisien le 21 décembre 2015.

La question peut sembler hermétique au commun des mortels. Mais le sort de cet ex-légionnaire de Lunel, devenu un cadre dirigeant de l’organisation Etat islamique (EI), taraude une poignée de professionnels du renseignement français. Soupçonné d’avoir joué un rôle dans la planification des attentats de Paris en novembre 2015 et ceux de Bruxelles en mars 2016, Himich, a priori repéré en Syrie, semble s’être évanoui dans la nature depuis la fin de 2017. Tous les jours, les experts français font le point sur les informations qu’ils peuvent recueillir à son sujet, dans leurs bureaux situés au cœur de l’immeuble de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à Levallois-Perret.
Composée d’agents provenant de huit services de renseignement, intérieurs comme extérieurs, leur petite équipe, baptisée «Allat», du nom d’une déesse préislamique, a été créée durant l’été 2015 pour traquer les djihadistes français partis ou revenus de Syrie et d’Irak. Elle travaille en liaison avec une autre cellule interservices, nom de code Hermès, pilotée par la Direction du renseignement militaire (DRM). Installée dans les sous-sols bunkerisés du centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), au cœur du Balardgone, QG parisien du ministère de la Défense, Hermès prépare des «dossiers d’objectifs» pour l’état-major des armées.

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